Saudade Experiment, le groupe belge qui surprend : « C’est dans l’inattendu qu’il se passe des choses »
Saudade Experiment est un groupe bruxellois qui sort des cases. Leur troisième EP, ‘(Got) Everything to Shine’, sort ce vendredi 27 janvier et signe un album modern soul envoutant. Pickx a rencontré Junior Bokele, leader de ce groupe surprenant, afin de découvrir pourquoi vous devez écouter Saudade Experiment de toute urgence !
De Pickx
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Bonjour Junior Bokele, peux-tu nous présenter ton groupe, Saudade Experiment ?
Junior Bokele : « Bonjour, bien sûr. J’ai commencé ce projet musical à Londres, j’y suis resté trois ans et j’ai composé là-bas les premiers sons de l’EP ‘Flowers and Dust’ sorti en 2018. Lors de mon retour en Belgique, je voulais poursuivre le projet, j’ai donc rencontré au Jazz Studio d’Anvers les premiers membres du band, on a donc sorti l’EP et nous avons ensuite gagné le Concours Circuit fin de la même année. Nous sommes partis en 2019 pour notre première grosse tournée, nous sommes passés par de grands festivals comme Les Ardentes ou Dour, nous sommes passés par la France aussi. Ensuite le covid est survenu, avec les membres de cette époque, nos chemins se sont séparés car chacun avait des projets perso.
De mon côté, j’en ai profité pour m’entourer de nouveaux musiciens, actuellement le band se compose d’Adrien à la batterie, Brice à la base, Jérémy au clavier et Alexis à la guitare et moi-même à la guitare et au chant. La particularité de Saudade Experiment est qu’il y deux formules au band : une version à cinq et une autre, à huit. L’idée était de revenir avec un projet plus acoustique et sous un fond de soul et de jazz. Il y a donc aussi une section cuivre avec Brice au saxophone, Emile à la trompette, et Guillaume aux percussions. »
Pourquoi avoir choisi Saudade Experiment comme nom de groupe ?
J.B. : « La musique de Saudade Experiment est très diverse en termes d’influence. « Saudade » est un mot portugais qui vient du Brésil et qui signifie « une nostalgie heureuse », ça parle d’un manque mais en tant que sentiment positif. Au Brésil, l’idée c’est qu’il n’y a pas de définition propre de ce terme, tout dépend de l’expérience que tu en as. Je trouvais ça très beau parce que la vision que l’on peut avoir de notre projet dépend de comment notre musique résonne en toi lorsque tu l’écoutes. Je pense que ce que tu en tires et ce que tu en comprends ne peut jamais être faux, parce que ce que tu ressens aujourd’hui quand tu l’écoutes sera peut-être totalement différent de ce que tu en concluras quand tu l’écouteras dans un an, car ton ressenti dépend de ton expérience de vie et donc la lecture de la musique évolue avec le temps. »
Comment décrirais-tu la musique de Saudade Experiment ?
J.B. : « Avec le temps, notre point de vue s’est affiné. C’est comme si nous étions des artisans et que notre technique s’améliore à travers le temps et l’expérience. Je pense qu’il s’agit surtout d’un développement de notre pensée musicale par rapport à ce qu’on veut présenter. Saudade Experiment c’est aussi une recherche de liberté et une fierté dans son individualisme. Pour moi, une phrase qui résonne bien avec notre projet est : « Dans ta différence, je trouve mon bonheur. » Nous sommes un groupe, donc chacun à son individualité et c’est avec elle qu’on crée ce projet qui nous lie. On recherche la liberté, l’expression et on a juste une volonté, celle de se dépasser et de ne jamais rester totalement dans le confort, car dans la sécurité on ne grandit pas. On cherche à continuer à s’améliorer musicalement et en tant que personne.
S’il faut un terme pour qualifier notre musique alors je pense que ce serait la Modern Soul. La soul parce qu’elle transmet beaucoup d’émotions, et moderne car cela regroupe pas mal d’autres genres et comme nous avons beaucoup d’influences diverses, je pense que Modern Soul est un bon compromis. »
À quoi le public peut-il s’attendre avec votre nouvel EP, ‘(Got) Everything to Shine’ ?
J.B. : « Les gens peuvent s’attendre à plus d’ouverture en termes d’accessibilité, car j’ai conscience que dans toute cette expérience musicale on peut parfois être perdu si on a pas les clés. J’ai travaillé cet EP afin que tout cela soit plus accessible, mais avec plusieurs niveaux de lecture aussi, donc au plus l’oreille est avertie, au plus il y a des informations à découvrir, mais l’accessibilité du côté des émotions est bien présente.
Pour les sujets des textes, cela reste toujours un questionnement par rapport à qui on est en tant qu’individu, la place dans la société, dans un groupe, qui on veut être, comment on veut réaliser ses rêves. On a tendance à trop foncer, à avoir des buts trop cadrés, qui parfois même nous dépassent, donc cet EP c’est un moment pour s’arrêter et se poser des questions sur ce qu’on veut vraiment. Ces paroles parlent vraiment de tous ces questionnements, c’est quelque chose de très générationnel cette quête de sens. »
Avec votre style très éclectique, comment vous vous positionnez sur la scène musicale belge ?
J.B. : « C’est justement toute la question, comment se retrouver dans une scène qui est assez segmentée ? Cela se fait à travers le temps, on ambitionne quand même de dépasser les frontières d’une façon ou d’une autre. C’est compliqué. Je me dis juste que nous avons des gens autour de nous qui croient en notre projet, à qui notre musique parle, et ma satisfaction et l’énergie qui me maintient dans cette voie, elle vient de là.
J’essaye surtout de parler à toute personne qui veut faire quelque chose de différent mais qui n’ose pas car cela demande beaucoup de courage de se dire « je vais à contre-sens ». Il y a beaucoup de gens qui y pensent, mais qui se rendent vite compte à quel point c’est difficile et qui n’ont pas toujours d’exemple pour se motiver. Avec notre projet, c’est aussi ce que je veux envoyer comme message, c’est qu’il est possible de créer un petit écosystème qui va grandir. Cela demande plus de patience, mais le gain et le retour via un projet qui a vraiment du sens, est plus énorme et satisfaisant que la voie la plus facile ! »
Quels sont vos prochains projets ?
J.B. : « La suite pour 2023 c’est encore beaucoup de musique, de nouveaux sons arrivent et très certainement de la musique inattendue, une fois de plus on compte vous surprendre ! Ce sont des concerts, des festivals cet été, petit à petit les choses reprennent après deux ans de calme. On travaille aussi sur un album, j’aimerais vraiment sortir ce premier album courant 2024 et entre temps, il y aura eu beaucoup d’expériences de vie et de nouvelles histoires à raconter. »
Que représente la scène pour toi ?
J.B. : « Pour moi, la scène c’est le laboratoire. C’est le moment où on peut s’essayer à différente chose, on peut transformer la musique, la recomposer d’une manière différente et c’est ce qui rend le live toujours intéressant. Je veux que les gens quand ils viennent nous voir ils aient des émotions, que des trucs se passent et que cela soit un vrai voyage. J’ai du mal avec les performances trop bridées et carrées. Pour rester cohérent avec ce que je fournis, je veux être un niveau au-dessus en live et surprendre les gens, c’est là que ça vit. C’est dans l’inattendu qu’il y a des choses qui se passent ! Avoir des petites surprises de temps en temps lors d’un concert c’est agréable et ça rend la chose intéressante. La scène c’est vraiment le laboratoire, c’est le moment où nous aussi, on s’amuse et on redécouvre notre musique ! »
Que peut-on souhaiter pour la suite à Saudade Experiment ?
J.B. : « Plus de visibilité ! Je pense qu’il y a un large public qui pourrait être intéressé par notre musique mais il ne l’a juste pas encore entendu. Le souhait se serait vraiment plus de visibilité et toujours plus de concerts. »
Écoutez Saudade Experiment en cliquant juste ici :
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