Le duo Twin Toes est notre artiste de la semaine : " On est les seuls au monde à faire de la foot pop"

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Twin Toes a sorti récemment son premier album ‘Long Story Short’ aux 10 titres passionnants et créatifs. Dix comme le nombre de doigts de pied. Le duo composé de Nicolas Mouquet et Antoine Geluck, fils du célèbre Philippe Geluck, secoue la pop depuis 2019 en proposant de la "foot pop", un nouveau concept unique en son genre. Pickx a rencontré ces deux génies mélodiques et leur sens de l’humour décalé. 

De Pickx

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Bonjour Twin Toes ! Comment est né votre duo et d’où vient votre nom original ?

Nicolas Mouquet : "En fait Antoine m’a invité à jouer de la guitare dans son projet solo (sous le nom de scène Antoine Chance, ndlr) . On s’est rencontré comme ça musicalement. Il était venu me voir au Botanique avec mon ancien groupe ‘Wuman’ et il m’a proposé de jouer pour lui pendant un concert. Et ensuite, on s’est vu plusieurs fois, après les répèts de son projet et puis on a commencé à jammer, à un peu s’amuser quoi. Et on s’est dit : "tiens, il y a quelque chose". Un jour, on s’est retrouvé après un week-end, un lundi et Antoine me dit : "je me suis cassé l’orteil ce week-end". Et je lui dis "ah mais comment, je me suis aussi cassé l’orteil ce week-end". Et là on regarde et en fait on s’était cassé le même orteil."

Antoine Geluck : "Du même pied (rires)."

N.M : "On s’est dit : "ah ben oui c’est un signe de l’univers" . On doit s’appeler Twin Toes ! (Orteils jumeaux en anglais, ndlr). On est connecté par les pieds. En fait, on ne décide pas de jouer ensemble, c’est l’univers qui décide pour nous."

Vous avez donc commencé par des sessions de jam et puis, petit à petit, vous avez écrit vos chansons ?

A.G : "On a passé beaucoup de temps dans une pièce. On a remercié cette pièce d’ailleurs dans l’album dans les remerciements. Et là, il s’est passé plein de choses. Et effectivement le son, le dernier single, ‘Sunny Eggs’, c’est une des premières chansons que l’on a construite ensemble. Elle est assez centrale cette pièce dans le puzzle. Elle donne pas mal d’infos, il y a des accords mélancoliques et c’est aussi assez joyeux. Il y a un espèce de mélange un peu subtil où on s’est dit : "tiens là, on dit plein de choses que l’on ne disait pas dans d’autres projets." On s’est dit que c’est important et que l’on doit construire autour de ça." 



Il y a un peu plus d’un an vous aviez lancé votre premier single ‘Lost in Playlists’. Vous aviez l’intention de vous perdre dans les playlists des plateformes sur internet afin de vous faire connaître ? De quoi est-ce que ça parle ? 

A.G : "Oui, il y a une partie de ça. Il y a pas mal de messages dans la chanson."

N.M : "C’est un jeu ! C’est un peu une idée qui est venu en déconnant en studio et en étant sur Spotify. Il y a toujours des moments comme ça quand on produit de la musique, où on s’arrête de produire et on va écouter des trucs sur Spotify en s’y perdant. Et ça se transforme en soirée très longue où on écoute de la très bonne musique. Et donc au final c’est un peu ça cette chanson, ce que l’on raconte là-dedans. Le jeu, c’est que l’on s’est servi des noms de playlists Spotify pour en faire un puzzle et écrire des paroles pour raconter quelque chose. Là, on raconte un chagrin d’amour et le fait de…"

A.G : "...se réfugier un peu dans les musiques des playlists. On est un peu comme une âme en peine, dans notre musique et dans nos pensées. On a tous connu ça. Donc la chanson dit un peu ça. Elle est née de ce concept. On a utilisé plusieurs fois des idées conceptuelles pour faire naître des chansons, des musiques. C’est une de nos approches pour composer. Le souvenir que j’en garde, c’est évidemment le tournage du clip parce qu’il fallait recréer toutes les pochettes officielles (des playlists de Spotify en vidéo, ndlr). On a été assez loin là-dedans. On s’était dit que cela faisait un moment et que l’on devait foncer pour sortir ça."



Comment décrivez-vous votre genre musical ? Comme de la  « foot pop » ?

A.G : "Disons que c’est pas mal pour deux raisons. Il y a le côté pop, et l’identité du groupe. Mais il y a aussi le côté où on est les seuls au monde à faire de la foot pop."

N.M : "C’est de l’indie-pop, sinon il y a aussi un truc que j’avais lu.. le multilayers pop duo. C’est pas mal ça, c’est vrai qu’il y a plusieurs layers (couches en anglais, ndlr) dans notre duo pop. C’est toujours dur de dire un style, mais c’est de l’indie-pop, notre famille elle est là-dedans."

En plus de Twin Toes, vous avez d’autres projets sur le côté ?

N.M : "Moi avec le groupe Wuman, c’est fini, on a arrêté de jouer ensemble naturellement."

A.G : "Twin Toes est devenu quelque chose de central dans ma vie… Mais comme on est deux, tu es obligé de dire la même chose (dit-il en regardant son acolyte, ndlr) (rires).On a tous les deux l’idée de s’exprimer en solo sur le côté à terme. Je suis un peu engagé sur des chansons entre tout ça. Pour moi, ce n’est pas fini, ça va continuer. Il y a quelque chose qui sortira un moment, je ne sais pas quand. Là, j’ai envie d’être à fond dans Twin Toes. Ce n’est pas mort, mais c’est en suspens."

N.M : "J’ai des chansons aussi à moi qui sont dans un coin de ma tête. Un jour, je m’y occuperais, pour l’instant, c’est Twin Toes."

Un univers bon enfant

Petite question pour Antoine. Dans ta carrière solo, tu te fais appeler Antoine Chance. Tu as d’ailleurs été sacré artiste de l’année 2015 en Belgique. Désormais, tu reviens avec Twin Toes sous ton nom de naissance Antoine Geluck. Il y a une volonté spécifique de distinguer ce projet de ta carrière solo ? 

A.G : "À un moment j’ai fait un album qui s’appelait Antoine Chance, puis dans le deuxième j’étais Chance tout simplement. Ce nom évidemment, il a une résonance, c’est un choix que j’ai fait. Il s’agit de la traduction de mon nom original (Geluck veut dire chance en néerlandais, ndlr). Le côté Geluck à la base n’est pas simple à porter puisqu’il est emblématique car il s’agit du nom de mon père (Philippe Geluck, ndlr). Donc, du coup, j’avais l’impression que ce nom n’était pas tout à fait à moi. 

Dans mon parcours musical, je l’ai d’abord traduit. Mais au final, ça n’a pas changé grand chose. C’est juste une couche, une petite distinction qui me ramène au mot original. Maintenant, je suis arrivé à un stade où j’arrive à me dire : "Ok, Antoine Geluck, c’est mon nom dans la vie (…)". Je le porte plus facilement en fait. Il n’y a pas une volonté. Ça aurait très bien pu être Nicolas Mouquet et Antoine Chance. Finalement j’ai un peu les deux ! Je tourne un peu autour de tout ça. Au final, Antoine Chance, c’est mon projet de chansons en français. Et Geluck, c’est mon nom de civil, donc c’est moi. Et là, je fais ça quoi, je fais Twin Toes. (…) J’ai un peu deux casquettes. Je suis, comment on appelle ça ?"

N.M : "Multilayers (rires)".

A.G : "Quand on a plusieurs personnalités ?"

N.M : "Schizophrène"

A.G : "Ah voilà ! Je suis schizophrène (rires)."

Vous avez sorti votre premier album le 14 octobre, intitulé ‘Long Story Short’, avec 10 titres comme les dix doigts de pieds. De quoi parle-t-il exactement ? Comment une histoire longue peut-elle être courte à la fois ? 

N.M : "C’est un peu un jeu qui raconte des longs moments de jams et des longs moments musicaux que l’on a condensé en un album en dix orteils, dix chansons. Dans cet album, on raconte des petits contes que l’on a créés, des moments un peu surréalistes et des histoires. Par exemple dans ‘Lobstory’, c’est l’histoire d’un homme qui se trouve au fond de l’océan et qui a une amitié forte avec un homard. Pour cette chanson, on s’inspire du film ‘Aquatic Life’ de Wes Anderson. On parle de Bill Murray dans la chanson. On se raconte comme ça des histoires, pour trouver des moments, des paroles."

A.G : "Oui c’est ça. Dans l’album, il y a un peu des petites histoires. On est un peu entre les films de Wes Anderson et des dessins animés. On pourrait imaginer tous ces clips, tous ces personnages en plasticine. Alors on a fait quelques pochettes aussi comme ça. Il y a aussi une chanson qui va sortir prochainement, qui s’appelle ‘Ringtone’, et là pareil, il y a une histoire un peu fun."

N.M : "‘Ringtone’ ça raconte l'histoire d'un gars qui veut devenir le téléphone de sa copine parce que sa copine donne plus d’attention à son portable qu’à lui."

AG : "Il voudrait aussi être dans sa poche et être tapoté. Mais ces chansons sont à la fois des histoires et des personnages dans l’album. C’est notre première collection de titres. On est déjà aussi occupé à composer plein de choses nouvelles."

Vous jouez pas mal sur le second degré avec vos chansons. L’humour c’est important pour vous ?

N.M : "Oui, ça fait partie de qui on est, je crois. Les morceaux ne sont pas forcément des blagues, c’est plus des petites "histoires poétiques", comme dans les films de Wes Anderson, il y a beaucoup d’humour aussi. Je crois que c’est l’approche que l’on a vis-à-vis du second degré et peut-être de l’imaginaire."

A.G : "C’est sûr qu’en écoutant une de nos chansons, on ne se fend pas la poire mais il y a ce décalage qui est présent. On s’est vite rendu compte que ça nous faisait à chacun plaisir de pouvoir intégrer ça dans un projet. C’est forcément une connexion. Nous ne sommes pas des gens sinistres. Parfois, c’est chouette d’utiliser la musique pour partir dans des mélodies, des états, un peu de mélancolie et tout ça. C’est quelque part, la direction la plus facile et d’amener un décalage, parfois une drôlerie, je trouve que ce n’est pas simple et a priori le pari n’est pas gagné. On ne se force pas pour le faire, on ne s’empêche pas grand chose, en fait." 

N.M : "C’est ce que j’aime bien là dedans. L’humour, c’est toujours avoir une espèce de point de vue par rapport à ce qu’il se passe, une observation. On s’amuse de chose et de nous-même et là dessus, c’est aussi important de ne pas trop se prendre au sérieux. Comme beaucoup de Belges d’ailleurs."

A.G : "Finalement, on embrasse notre patrie. On a un peu ça dans le sang. C’est un voyage en tout cas, d’essayer d’intégrer ça dans des chansons qui au final ne sont pas des chansons "rigolotes", mais on utilise en tout cas cette matière."

N.M : "On s’est un peu rendu compte de cela, mais il y a un peu un rapport à l’enfance. C’est assez présent, on utilise des éléments de l’enfance pour faire des sons. On reprend la simplicité dans l’enfance. Toi, tu as des enfants qui sont magnifiques (dit-il à son ami, ndlr). On peut les entendre dans l’album. Il y a plein de choses que l’on a enregistrées dans l’album qui sont faites à la maison, à la campagne."

A.G : "À un moment, on a été dans une maison de campagne quelques jours, et j’ai profité de ma famille."

N.M : "Il y avait ses enfant derrière qui jouaient et on les entend dans l’album. Et en fait, ça fait aussi fort partie de nous. On aime bien cette simplicité et ce regard sur le monde"

A.G : "Un peu naïf."

N.M :  "Frais et créatif quoi."

On retrouve bien cette identité belge dans vos chansons. Ce côté décalé assumé, vous pensez que cela peut fonctionner en France ? Avez-vous l’intention de vous exporter ?

N.M : "Ah ben nous, on rêve de s’exporter partout."

A.G : "Ce n’est pas impossible. On chante en anglais, parce que ça paraît hyper limpide. On est fermé sur rien, on chantera peut-être en français, en japonais aussi. C’est la première étape d’un voyage. Évidemment, on espère que ce disque va voyager le plus loin possible."

N.M : "Ça va parler, ça va résonner un peu là où les gens en ont envie."

Un an après votre premier single, vous sortez un premier album. Quels sont vos projets futurs ? Où est-ce que vous vous voyez dans un an par exemple ? 

N.M : "Un deuxième album."

A.G : "Ouais, on a envie d’aller vite. C’est aussi lier au métier de réalisateur que l’on embrasse. On est capable de produire des choses très vite, puis de les sortir. On a déjà des chansons en cours pour la suite."

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