Ces compositeurs qui popularisent la musique classique
La musique classique appelée pendant longtemps la ‘grande musique’ a toujours été placée sur un piédestal. Elle a pendant longtemps été associée au raffinement, à la culture et à l’intelligence. Elle n’était pas à la portée de tous. Au XXIe siècle, les frontières entre pop musique et musique classique n’existent presque plus. Certains artistes belges et français tentent de populariser leur passion pour la musique classique auprès d’un plus large public.
De Pickx
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Echo Collective
Ce groupe bruxellois désacralise la musique classique. Les membres; l’altiste Neil Leiter et la violoniste Margaret Hermant, ont suivi une formation et un parcours entièrement classique. Mais au fur et à mesure de leur parcours, ils ont rencontré d’autres univers musicaux. Ils collaborent avec des compositeurs et des groupes modernes pour des concerts, des tournées, des musiques de film, des sessions d'enregistrement et des compositions originales.
"Pour employer un stéréotype", explique Neil Leiter au journal L’Echo , "le public ‘classique’ est souvent plus âgé que le nôtre. Nous jouons à la fois dans des lieux ‘classiques’ (comme à Bozar) mais aussi dans des salles ou des festivals de rock". Ils qualifient leur démarche de post-classique.
Le groupe revisite de grands albums du rock comme ‘Amnesiac’ de Radiohead ou encore ‘Daudi baldrs’ de Varg Vikernes, artiste de black metal norvégien. Ils donnent également une nouvelle version à l’album ‘World be gone’ du groupe britannique de la synthpop Erasure. Ces expériences musicales ont donné l’inspiration pour leur premier album nommé ‘The see within’, sorti en octobre dernier. L’album a des sonorités électroniques mais qui sont en fait acoustiques et jouées en temps réel.
Sofiane Pamart
Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un artiste belge, mais d’un jeune pianiste français de Lille. Depuis sa sortie du conservatoire de musique de Lille où il reçoit la médaille d’or en 2008, le jeune Français ne rêve que d’une chose mélanger la musique classique qu’il a apprise grâce aux mélodies de Chopin, Bach ou encore de Debussy avec la musique Hip-Hop qu’il écoute. Il devient petit à petit le pianiste de référence pour les rappeurs belges et français.
Il s’associe aux plus grands noms de la scène rap. C’est notamment sa collaboration avec le rappeur belge Scylla qui va lier ses deux passions. Un pari audacieux, mais réussi pour ces deux artistes puisque la mélodie du piano se marie parfaitement à la voix grave et aux textes profonds du rappeur. Pendant plusieurs années, ils ont travaillé ensemble. Petit à petit, le pianiste est de plus en plus sollicité par des rappeurs de grands noms français. En plus de ses nombreuses collaborations, le pianiste continue de composer. En 2019, il sort son premier album solo ‘Planet’. Un album qui transporte ses auditeurs dans les quatre coins du monde. De ‘Medellin’, en passant par ‘Séoul’, ‘Le Caire’ ou ‘La Havane’, l’artiste veut transmettre les émotions qu’il a ressenties dans ces villes par son piano.
Sofiane Pamart ne s’arrête pas seulement au mélange rap et musique classique. Il y a quelques jours, on a pu découvrir une tout autre collaboration du pianiste. Invité par le collectif ‘Bon Entendeur’, le pianiste se joint au trio de musique électronique pour proposer le titre ‘Alba’. Une balade aérienne et élégante, filmée dans l’Opéra de Paris, accompagne les pas de la danseuse étoile Marion Gauthier de Charnacé. Le clip en noir et blanc est rempli d’émotion et très esthétique.
Marie Hallynck
Mari Hallynck est une violoncelliste belge de classe mondiale. Sa réputation n’est plus à refaire, elle a remporté de nombreux premiers prix de concours prestigieux nationaux et internationaux. À l’âge de 19 ans, elle enseigne déjà au Conservatoire royal de Bruxelles. En 2017, elle fait même partie du jury du Concours Reine Elisabeth. Ce qui est une belle reconnaissance de sa carrière. Son CV est imposant et important puisque son talent est vanté sur les quatre coins du globe.
Elle reste pourtant encore humble et n’hésite pas à se mouiller pour que la musique classique se démocratise. En 2017, elle mène une expérience sociale avec la RTBF, pour l’émission ‘On n’est pas des pigeons’. Elle se prête au jeu et se déguise en artiste de rue. Après avoir participé au casting organisé par la ville de Bruxelles pour la sélection d’artistes de rue, elle n’est pas démasquée, aucun membre du jury ne la reconnait, bien qu’elle soit louée pour son talent. Dès qu’elle est munie de son autorisation à pouvoir se produire dans les rues de Bruxelles, la violoncelliste s’installe dans la ‘Gare du Midi’ de manière tout à fait anonyme et donne son concert de trente minutes. Sur les 1 553 personnes qui sont passées devant elles, seules 6 se sont arrêtées et elle récolte la modique somme de 7,58€. Cette expérience prouve que la musique classique ne touche qu'une minorité de personnes. Et que si cette grande musique est jouée dans un autre contexte que celui où on a l'habitude de la voir, elle est dénigrée.
Récemment encore, en compagnie de sa soeur à la harpe, les deux femmes ont protesté contre la fermeture des salles de concert dans un supermarché de Schaerbeek. Une fermeture qui dure depuis des mois à cause des mesures prises contre le coronavirus. Installées sur une mini-scène entre les rayons du magasin, les deux soeurs entament un concert de trois heures. Elles ont ainsi voulu montrer aux autorités qu’il est tout à fait possible d’organiser des évènements culturels à l’intérieur sans qu’il n’y ait des répercussions sanitaires. L’artiste n’hésite pas à sortir son violoncelle vieux de 300 ans pour jouer en dehors des prestigieuses salles de concert afin de faire entendre sa musique auprès de tout le monde. Ce genre d’actions et de coup médiatique parviennent ainsi à populariser la musique classique auprès du grand public.
Khatia Buniatishvili
La pianiste franco-géorgienne Khatia Buniatishvili permet à la musique classique d'être consommée par tout le monde. Elle est parfois surnommée ‘la pop star de la musique classique’. Assumant son style qui mélange des morceaux d’époque baroque et d’aujourd’hui. La pianiste de 33 ans n’hésite pas à passer d’un prélude de Chopin au ‘Deborah Theme’ de Morricorne dans son dernier album intitulé ‘Labyrinth’. Les 18 morceaux qui figurent dans ce disque passent par 'Les Consolations' de Liszt, 'La Sicilienne de Vivaldi' mais aussi 'I'm Going to Make a Cake' de la bande originale du film "The Hours" signée Philip Glass, géant de la musique contemporaine, ou encore 'La Javanaise' de Serge Gainsbourg.
Sans aucun remords, elle veut donner sa propre interprétation à des oeuvres classiques. Et ce même si ça déplaît aux plus puristes. Son objectif est de donner de la personnalité à sa musique. Mais surtout de rassembler un public diversifié. Elle souhaite faire de la ‘musique classique pour tout le monde’. Loin de la musique classique mise sur un piédestal, elle veut donner à la musique classique un sens pour tout le monde.
Hannes De Maeyer
L’un des compositeurs les plus polyvalents de la jeune génération belge est sans conteste Hannes De Maeyer. Il est surtout connu pour sa collaboration avec le duo de réalisateurs belges Adil El Arbi et Bilall Fallah (‘Black' et ‘Gangsta’). Sa musique voyage entre les genres. Il passe aussi bien de l’électronique pure dans la bande-originale de ‘Gangsta’ à une instrumentation symphonique pour le film ‘U-235 de Sven Huybrechts. Composition musicale qui lui a valu un award au festival de Gand de 2020.
Véritable amoureux de musique de films, sa passion lui vient des films de Disney. À l’école, il apprend à jouer à la batterie et au piano. Il étudie au conservatoire de Gand à la School of Arts of University et obtient sa maîtrise en production musicale. Dès sa sortie des classes, il collabore avec l’un des plus grands noms de la composition de musique de film en Belgique, Steve Willaert.
À seulement 34 ans, le compositeur est bien implanté dans le monde du cinéma belge. Il a notamment composé pour le film ‘Bagdad Messi’ du réalisateur belgo-kurde, Sahim Omar Kalifa. Il devient également le compositeur pour tous les films d’Adil El Arbi et Bilall Fallah qui deviennent très connus aux États-Unis. Des long-métrages de ‘Image’ à ‘Gangsta’ en passant par ‘Black’ qui ont tous été salués par la critique. Hannes De Maeyer combine musique classique à musique contemporaine. N’oublions pas que le cinéma est la meilleure façon d’initier le public à la musique et qu'un grand film ne serait rien sans sa musique.
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