Coppola : du plaqué or plein les yeux !

De Charles

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Ma chère Sofia, cette fois-ci, ne compte pas sur moi. Je reste admiratif de l’ensemble de ta filmographie mais je ne cautionne pas ton dernier projet tape-à-l’œil : The Bling Ring! Depuis Virgin Suicides, j’attends chacun de tes films avec impatience et tu ne m’as d’ailleurs jamais déçu. Tout le monde s’accorde à dire que Lost in translation est parfait en tous points, ce que je conçois. Mais même quand les critiques acerbes te guettaient, je continuais à apprécier ton style atypique, timide mais déterminé. Mais commencer sa jeune carrière par deux chefs d’œuvre, ne facilite pas toujours les choses. Et la presse spécialisée ne s’est pas gênée pour te le rappeler en réservant un accueil mitigé aux deux derniers Marie-Antoinette et Somewhere. Deux atmosphères bien différentes mais qui te correspondaient bien à mon sens.

C’est pourquoi ce Bling Ring sonne faux et fait office d’ovni dans ta jeune mais riche carrière cinématographique. Et pourtant le projet semblait alléchant. Des paillettes, des strasses, du beau, du chic, tout cela devant la caméra de la fille du clan Coppola. Idée terriblement sexy… Pourtant, cette stigmatisation d’une adolescence dorée tourne vite à l’opulence et à l’exubérance non maitrisées. Ce récit sonne creux et le manque de scénario se fait cruellement ressentir. Bref, on s’ennuie ferme Sofia! Un paradoxe pour ce film pêchu et énergique qui contraste avec la lenteur et la nonchalance d’un Lost in translation ou de Somewhere (desquels pour moi tu tires ton génie !).

Tiré d’un fait divers véridique, The Bling Ring retrace le parcours de jeunes adolescents en manque de repères, qui décident de cambrioler impunément les villas de la Jet-Set hollywoodienne. De Paris Hilton – pour l’anecdote, la star pas rancunière prête sa villa dans le film – à Kirsten Dunst, en passant par Orlando Bloom, tous ont vu s’envoler bijoux, argent, montres et vêtements de luxe. Pendant des mois, cette bande de garces haut perchées sur Louboutin va donc visiter les somptueuses villas désertées de leurs célèbres propriétaires. Une jeunesse déboussolée en somme qui, boostée au Xanax et à la coke, rêve de braver l’interdit en s’identifiant à ces stars.

Côté casting pourtant, peu de reproches à formuler. Emma Watson trône en tête d’affiche de ce gang des temps modernes. La jolie poupée d’Harry Potter tend donc à casser son image de la même façon qu’elle fracture les serrures de ces maisons cossues. Autour d’elle, de parfaits inconnus. Mais leur inexpérience et leur fraicheur crédibilisent le récit de cette génération d’ados sans limites.

L’idée de ce film est venue à Coppola Jr en lisant un article paru dans le Vanity Fair, The suspects wore Louboutins. Mais la cinéaste s’égare en voulant dénoncer cette superficialité à outrance. Dommage car le sujet méritait sans doute d’être traité en profondeur à l’heure où la jeunesse est obsédée par le paraitre et la surexposition. Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux jouant le rôle de projecteurs…

C.B.

The Bling Ring de Sofia Coppola avec Emma Watson, Israel Broussard, Katie Chang et Taissa Farmiga. En salles depuis le 12 juin.

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